2008
L’accès libre et gratuit à cet espace alternatif de socialisation des savoirs est une contribution à la lutte contre la marchandisation du savoir et à l’expérimentation de formes moins académiques de mise en circulation et en coopération de la production intellectuelle ; en contrepartie, il est de la responsabilité du lecteur de citer la provenance de ces documents.
Les univers-cités des savoirs impliqués bénéficient du soutien financier du FSE dans le cadre du programme EQUAL piloté par le conseil général de l'Hérault.
Les univers-cités des savoirs impliqués ont lieu au centre Lacordaire à Montpellier (6, rue des Augustins, à deux pas de la Place de la comédie).
Programme
L'immigration espagnole en Languedoc-Roussillon pendant l'entre-deux-guerres, avec Natacha Lillo
Discours publics, humiliations privées. Le racisme est-il encore ce qu'il était ?*, avec Gérard Noiriel
Le modèle d'intégration en question : héritages d'Abdelmalek Sayad* avec Saïd Bouamama
La question post-coloniale en débat : Enjeux, mémoires, influences et discontinuités* avec Nicolas Bancel
Session hors-les-murs : Projection du film "Marseille 73, la ratonnade oubliée"
L'immigration espagnole en Languedoc-Roussillon pendant l'entre-deux-guerres
Avec Natacha Lillo, maîtresse de conférences à Paris VII, le vendredi 28 novembre
Depuis la fin du XIXe siècle et surtout dans l'entre-deux-guerres, le Languedoc-Roussillon, et tout particulièrement les départements des Pyrénées-Orientales et de l'Hérault, a connu de très importantes vagues d'immigration espagnole, tant dans les campagnes viticoles que dans les villes.
Qui étaient et d'où venaient ces Espagnols ? Quels furent leurs modes d'insertion dans la société française d'accueil ? Exista-t-il une solidarité particulière dans la région vis-à-vis de l'agression fasciste contre la République espagnole ? Outre les camps sur les plages du Roussillon, mis en place à la hâte à destination des exilés républicains en janvier-février 1939 par la IIIe République, quel accueil leur réservèrent les populations locales ?


Avec Natacha Lillo, Maître de conférences, Université Paris Diderot (Paris 7).
Laboratoire Identités Cultures Territoires. Responsable de l'enquête Histoire et Mémoires des Migrations en Ile-de-France et spécialiste de l'immigration espagnole en France au XXe siècle.
Enregistrements
Réalisation sonore : Stéphanie Raynaud, netephasi.raynaud@voila.fr
- Partie 1 (22 Mo)
- Partie 2 (9 Mo)
- Partie 3 (8 Mo)
- Partie 4 (6,5 Mo)
- Partie 5 (15 Mo)
Pour citer l'enregistrement
LILLO Natacha, L'immigration espagnole en Languedoc-Roussillon pendant l'entre-deux-guerres, actes audiophoniques de l'Univers-cité des savoirs impliqués, ISCRA-Méditerranée, Montpellier, novembre 2008, consulté en ligne le indiquer la date, http://www.iscra.org/page_1335.php
Discours publics, humiliations privées. Le racisme est-il encore ce qu'il était ?
Rencontre publique avec Gérard Noiriel, le vendredi 24 octobre
"On commencera par retracer à grands traits l’histoire des différentes formes de racisme qui se sont développées depuis le XIXe siècle en France (racisme colonial, xénophobie, antisémitisme). Puis on évoquera les résistances individuelles et les luttes collectives qui ont permis de faire reculer la haine de l’autre. On terminera en abordant les problèmes actuels, ce qui nous conduira à mettre en lumière le rôle joué par les « professionnels de la parole publique » (journalistes, hommes politiques, experts, etc.) dans la fabrication des nouveaux stéréotypes à l’égard des immigrants et de leurs enfants." Gérard Noiriel

Rencontre-débat avec Gérard Noiriel.

La rencontre sera animée par Suzana Dukic, le discutant sera Benoît Larbiou.

Gérard Noiriel est historien, directeur d’études à l’EHESS. Il conduit des recherches sur la socio-histoire de l’État-nation et de l’immigration et a, depuis les années 80, publié plusieurs ouvrages de fond sur l’articulation de l’immigration, de la nation, des politiques et des sentiments xénophobes.

Benoît Larbiou est docteur en science politique, auteur d’une thèse intitulée Connaître et traiter l’étranger. Les constructions sociales d’un savoir politique sur l’immigration (1914-1945). Chercheur et chargé de mission à l’association ALCI (centre de ressources éducatives, http://www.alci-educ.org), il travaille sur la construction des catégories d’action publique des politiques d’immigration et sur les questions raciales pendant l’entre-deux-guerres, ainsi que sur les politiques urbaines et éducatives.

Suzana Dukic est chercheure-coopérante à l'Institut social et coopératif de recherche appliquée (ISCRA-Méditerranée). Responsable du pôle "histoire des immigrations, sociologie politique des mémoires" à l'ISCRA, elle a coordonné l'étude "histoire et mémoire de l'immigration" pour la région Languedoc-Roussillon (ACSE-IRIS-CNHI). Elle conduit actuellement un travail d'enquête sur le massacre d’Aigues-Mortes (1893) en appui d'une recherche dirigée par Gérard Noiriel.
Pour aller plus loin
Le numéro 40 de la revue Agone "l'invention de l'immigration"
avec les articles de
Gérard Noiriel, L’immigration : naissance d’un « problème » (1881–1883)
Benoît Larbiou, Organiser l’immigration. Sociogenèse d’une politique publique (1910–1930).

Présentation complète sur le lien externe suivant :
http://www.atheles.org/agone/revueagone/agone40/index.html
Enregistrements
Réalisation sonore : Stéphanie Raynaud, netephasi.raynaud@voila.fr
- Partie 1 (8 Mo)
- Partie 2 (11 Mo)
- Partie 3 (6 Mo)
- Partie 4 (5 Mo)
- Partie 5 (9 Mo)
Pour citer l'enregistrement
NOIRIEL Gérard, Discours publics, humiliations privées. Le racisme est-il encore ce qu'il était ?, actes audiophoniques de l'Univers-cité des savoirs impliqués, ISCRA-Méditerranée, Montpellier, octobre 2008, consulté en ligne le indiquer la date, http://www.iscra.org/page_1335.php
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Hors les murs - Hors programme
Le cinéma Utopia-Montpellier et l'ISCRA organisent la projection du film documentaire : "Marseille 73, la ratonnade oubliée"
Un reportage de Morad Aït Habbouche projeté au cinéma Utopia, le 12 juin
25 août 1973, à Marseille, le meurtre d’un conducteur de bus par un immigré algérien fait les titres des quotidiens. L’éditorial de Gabriel Domenech dans Le Méridional met le feu aux poudres en appelant à la vengeance. Pendant plusieurs mois, des meurtres vont être commis dans tout le sud de la France. Une seule et même cible : des Arabes… Cette chasse à l’homme atteint son paroxysme le 12 décembre 1973 avec l’attentat du Consulat algérien. Bilan de cet été meurtrier : 50 victimes (…)
Cela fait plus de 30 ans que ces évènements ont eu lieu. Qui s’en souvient ? Aujourd’hui, après plusieurs années d’attente, les archives judiciaires sont enfin ouvertes…
Car ces exactions que l’on a longtemps oubliées peuvent être considérées comme une date qui marque une nouvelle ère politique et sociale : le racisme anti-arabe apparaît, l’engagement des immigrés dans la défense de leurs droits aussi….La première loi anti-raciste est même votée en 1972 mais visiblement, ni les politiques, ni les Français encore sous le coup de la décolonisation, ne sont capables de réagir face à ce déchaînement de violence…

Fin septembre, Marseille vit toujours au rythme de ces évènements. Les journaux télévisés montrent les manifestations de solidarité, et plus tristement, le rapatriement de cercueils en Algérie. Quelques mois plus tard, c’est l’affaire de l’attentat contre le Consulat. Cette fois ci, la tâche s’avère plus difficile. Plusieurs pistes sont explorées mais n’aboutissent à rien, les auteurs restent impunis.

Les réalisateurs, Morad Aït-Habbouche et Hervé Corbière, sont revenus sur les lieux pour tenter de comprendre comment les agresseurs ont pu agir en toute impunité. Un long travail de recherche pour aboutir aux témoignages exceptionnels de familles de victimes, anciens policiers, ou d’hommes politiques.

Retour sur ces enquêtes oubliées, et sur des événements impossibles à gommer des mémoires.
Avec la participation d'Anne Fredon, journaliste-enquêtrice.
Animation : Niky Bequet et Suzana Dukic
Fiche Technique
Durée : 52 minutes.
Un film signé Morad Aït-Habbouche et Hervé Corbiere pour l’émission « Lundi Investigation » de Canal Plus.
Production : LPBV ! avec la participation du CNC et du FASILD (aujourd'hui ACSE).
Année : 2006
Pour aller plus loin
François Noël Bernardi, Jean Dissler, Alain Dugrand, Alex Panzani, Les Dossiers noirs du racisme dans le Midi de la France, Éditions du Seuil, Paris, 1976.

Dell'Umbria, Alèssi, Histoire universelle de Marseille : de l'an mil à l'an deux mille, Editions Agone, collection Mémoires sociales, Marseille, 2006.

Yvan Gastaut, Marseille, épicentre de la problématique raciste en 1973 paru dans Migrance, n°25, 2005.

Fausto Giudice, Arabicides, La Découverte, Paris, 1992.
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La question post-coloniale en débat : Enjeux, mémoires, influences et discontinuités
Rencontre publique avec Nicolas Bancel, le lundi 28 avril
Selon Nicolas Bancel, il reste à la société française “à découvrir qu’elle est aussi une société post-coloniale, (…) que la colonisation a marqué en profondeur de nombreux champs de la culture, de la politique et le débat sur les mutations contemporaines de la société française”. (…) Le surgissement de mémoires coloniales concurrentes, les rebondissements législatifs de février 2005 liés au rôle supposé « positif » de la colonisation et les émeutes de novembre 2005 nous obligent désormais à aborder sans détour, mais sans systématisme, la question post-coloniale ».
Pouvons-nous dire que nous vivons dans une société post-coloniale ? La généalogie coloniale peut-elle aider à rendre intelligibles la société française d’aujourd’hui ? Quels sont les héritages, les métissages, les hybridations mais aussi les ruptures et les discontinuités du passé colonial français ? Peut-on les identifier ? A titre d’exemple, l’identité nationale, la littérature, le cinéma, la chanson, le tourisme ethnique, l’humanitaire, la francophonie peuvent-ils être analysés dans une perspective postcoloniale ? De même, quelles articulations peut-on établir entre les immigrations coloniales et post-coloniales et la problématique contemporaine des discriminations ethno-raciales ? Voici quelques-unes des interrogations que nous proposons de mettre en débat dans le cadre de cette rencontre.
Présentation des intervenants
La rencontre publique avec Nicolas Bancel sera animée par Suzana Dukic avec la collaboration de Françoise Dufour.

Nicolas Bancel est historien, professeur des Universités, détaché à l’université de Lausanne (Suisse, Faculté des Sciences sociales et politiques). Spécialiste de l’histoire coloniale, il est l’auteur et le co-auteur de nombreux ouvrages et articles, dont Retour sur la question coloniale (Culture Sud) ; La fracture coloniale (avec P. Blanchard et Sandrine Lemaire, La découverte, 2005), Lyon capitale des Outre-mers (avec P. Blanchard et Ahmed Boubeker, La Découverte, 2006) et Culture post-coloniale, 1961-2006, (avec P. Blanchard, Autrement, 2007).

Françoise Dufour est docteur en linguistique diplômée de l’Université Paul-Valéry Montpellier III, membre du laboratoire Praxiling UMR 5267 CNRS. Sa thèse Des rhétoriques coloniales à celles du développement : archéologie discursive d’une dominance (L’Harmattan, à paraître) porte sur la recomposition de l’idéologie du progrès civilisateur dans les textes sur l’Afrique du XVIIIe à nos jours.

Suzana Dukic est historienne de formation. Elle coordonne depuis 2006 l’étude Histoire et mémoires des immigrations en Languedoc-Roussillon dans le cadre du programme national de recherche ACSE-EHESS. Elle a contribué à l’ouvrage Sud-ouest, porte des outre-mers (sous la direction de P. Blanchard), Milan, 2006.
Pour aller plus loin
Vous pouvez accéder :

- à la présentation des travaux de Françoise Dufour sur le site de l'Université Paul Valéry (Montpellier III) :
http://recherche.univ-montp3.fr/praxiling/spip/spip.php?article41

- à la page de Françoise Dufour sur le site TERRA :
http://terra.rezo.net/article728.html
Enregistrements
Réalisation sonore : Stéphanie Raynaud, netephasi.raynaud@voila.fr
- Partie 1 (46 Mo)
- Partie 2 (28 Mo)
- Partie 3 (49 Mo)
- Partie 4 (37 Mo)
Pour citer l'enregistrement
BANCEL Nicolas, La question post-coloniale en débat : Enjeux, mémoires, influences et discontinuités, actes audiophoniques de l'Univers-cité des savoirs impliqués, ISCRA-Méditerranée, Montpellier, avril 2008, consulté en ligne le indiquer la date, http://www.iscra.org/page_1335.php
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Le « modèle républicain d’intégration » en question : Héritages d’Abdelmalek Sayad
Rencontre publique avec Saïd Bouamama, le mardi 26 février
Le concept d’« intégration » des immigrés et de leurs descendants repose, selon le socio-économiste Saïd Bouamama, sur des présupposés idéologiques empruntant fortement au modèle colonial de domination. Pour les « jeunes issus de l’immigration », « il se met en place un rapport « éducatif » ou « civilisateur », les injonctions d’ «invisibilité » et de « politesse » sont émises officiellement, les « visibilités » sont jugées ostentatoires et nécessitant des interventions étatiques fermes. Pour eux, la distinction permanente est faite entre la figure du héros positif (l’intégré) et le héros négatif (la racaille) (…) Alors que l’intégration au sens idéologique du terme interroge la société dite « d’accueil », l’usage idéologique du terme (y compris à gauche et à l’extrême gauche) oriente la réflexion vers la dimension culturaliste imputant aux premiers concernés (ou à leur culture, leur religion, leur héritage) la responsabilité de leur situation ». Quels sont les usages savants et politiques de la notion d’« intégration » ? Quel est son idéal-type ? Quels sont ses effets en terme d’égalité de traitement des Français construits comme « des sujets à intégrer » ? Comment interpréter les reformulations de la rhétorique publique en terme de diversité ou encore d’égalité des chances ?
Cette rencontre-débat a eu lieu le 26 février, au centre Lacordaire (rue des Augustins) à Montpellier.

La rencontre était animée par Olivier NOEL (ISCRA-INED), avec la collaboration de Madani MARZUK.

Saïd Bouamama est socio-économiste, chercheur à l’Institut Formation Action Recherche (Lille). Il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages sur le paradigme de l’Intégration, des problématiques du racisme et des discriminations, dont L’affaire du foulard islamique : production d’un racisme respectable (Ed Geai bleu, 2004).
Madani Marzuk est militant associatif, depuis plus de 20 ans dans les quartiers populaires de Nîmes. Depuis juin 2006, Il est président de l’Association Mémoire en Images et en Sons (A.M .I.S), structure qui possède une riche archive vidéo et photos sur les actions et luttes menées en banlieues.

Olivier Noël, sociologue, responsable de l’Iscra-Méditerranée, est chercheur associé à l’INED (Unité Migrations Internationales et Minorités). (voir sa page personnelle)
Enregistrements
Réalisation sonore : Stéphanie Raynaud, netephasi.raynaud@voila.fr
- Piste 1 (30 Mo)
- Piste 2 (33 Mo)
- Piste 3 (40 Mo)
- Piste 4 (27 Mo)
- Piste 5 (24 Mo)
- Piste 6 (26 Mo)
- Piste 7 (44 Mo)
Pour citer l'enregistrement
BOUAMAMA Saïd, Le « modèle républicain d’intégration » en question : Héritages d’Abdelmalek Sayad, actes audiophoniques de l'Univers-cité des savoirs impliqués, ISCRA-Méditerranée, Montpellier, février 2008, consulté en ligne le indiquer la date, http://www.iscra.org/page_1335.php
SGS ©2004