Ateliers des Savoirs Impliqués : un espace pluriel
(2000 - 2003)
Un espace de formation et de rupture
L’ISCRA propose, dans le champ social, des projets de formation construits à partir des différents travaux de recherche menés par ses chercheurs-coopérants. L’Univers-Cité des Savoirs Impliqués institue un espace de rencontre, de réflexion et de confrontation entre les apports des chercheurs-coopérants de l’ISCRA, ceux d’intervenants extérieurs sollicités pour leur expertise des questions abordées, et les expériences pratiques des stagiaires. La formation est, selon nous, un espace où s’effectue une rupture, dans la mesure où entrer en formation signifie rompre avec sa pensée immédiate et mettre à distance son expérience, non pas pour l’évincer, mais au contraire pour s’appuyer sur elle afin de clarifier, de resituer et de dépasser sa pratique. La formation, du fait même de l’adoption d’une posture réflexive, induit un processus de changement, alimente un sentiment d’inconfort qui s’oppose au repli confortable sur des certitudes professionnelles appuyées sur un savoir qualifié supposé stable.
Un espace de rencontre et d’affectation réciproque
La rencontre est un élément conceptuel de la pratique qui implique du déplacement, du mouvement. Elle n’est pas simplement un mode de gestion des relations, mais un pari, celui de faire vivre dans une temporalité limitée, un espace relationnel visant à exclure les formes classiques de la domination savante. Ce principe au fondement même de la dynamique de l’Univers-Cité des Savoirs Impliqués s’oppose au « sens unique formatif » qui organise hiérarchiquement le face-à-face entre le «savoir pensé(er) » et le « savoir faire ». cet engagement réflexif exige une mise à l’épreuve réciproque des savoirs, ceux construits par les professionnalités intellectuelles (les chercheurs et les universitaires) et ceux fabriqués par les professionnalités sociales (les travailleurs sociaux, les syndicalistes, les militants) dans une démarche d’interaction, d’affectation réciproque qui permet à la rencontre d’exister.
Un espace d’intellectualité critique et contributive
Cet espace institue enfin une démarche de déconstruction critique des référentiels et des concepts pré-établis de l’action sociale tels que le projet, le partenariat, la qualification, l’éthique ou encore l’évaluation. Cette démarche de déconstruction, rendue possible par la dynamique collective de la formation, introduit du doute, de la perplexité face à des positionnements institutionnels qui négligent le potentiel réflexif et la capacité d’expertise des travailleurs du social. Cette distanciation critique nous paraît nécessaire pour reconstruire le sens de l’engagement dans le travail social, pour réinscrire des convictions dans l’exercice de la professionnalité, pour coproduire de la connaissance, pour élaborer des réponses à des problèmes souvent complexes. Par choix pédagogique, le nombre de participants est limité à une vingtaine par session, afin de faciliter les discussions professionnelles (approfondissement des échanges et réciprocité des écoutes). Les ateliers coopératifs qui clôturent chaque session de formation concourent à l’appropriation de notions nouvelles, afin de forger des outils nécessaires à la recomposition de professionnalités et à leur affirmation dans la situation professionnelle.
SGS ©2004