Historiographie et enjeux de mémoire
L'immigration en Languedoc-Roussillon, du XIXè siècle à nos jours, par Suzana Dukic
aux éditions Trabucaïre
Paru en septembre 2014 (15 euros)

QUATRIÈME DE COUVERTURE

Pour la première fois, un ouvrage de synthèse, sur la base d’une bibliographie présentée en annexes, retrace l’histoire de l’immigration dans la région Languedoc-Roussillon sur plus de deux siècles. Il est issu d’un travail d’étude réalisé sous la coordination scientifique d’une équipe de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales (EHESS) dirigée par Gérard Noiriel, dans le cadre de l’ouverture de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration au Palais de la Porte Dorée à Paris.

Le livre retrace l’histoire de ces centaines de milliers d’immigrants qui se sont succédés, depuis le XIXè siècle, de façon temporaire ou définitive, sur le territoire régional. Il montre, en creux, que, comparée à l’échelon national, la région Languedoc-Roussillon présente des singularités en matière d’immigration : alors qu’au niveau national, le recours à la main d’oeuvre étrangère est calqué sur les rythmes de la production industrielle, l’immigration en Languedoc-Roussillon est liée au travail de la terre en général, et de la vigne en particulier. La région constitue un des pôles nationaux de l’immigration au XXè siècle, en particulier durant l’entre-deux-guerres. Elle se singularise, enfin, par la prépondérance de l’immigration outre-pyrénéenne durant près de 150 ans, et, plus récemment, par le poids de l’immigration marocaine. L’ouvrage conclut sur le poids des discriminations, que des enquêtes sociologiques conduites dans la région ont démontré dès le début des années 90, et questionne le sens des projets d’action culturelle en lien avec les mémoires des immigrations régionales qui se sont multipliés ces dernières années en Languedoc-Roussillon. Ainsi, l’ouvrage propose-t-il un état des connaissances dans un style qui se veut facilement accessible aux étudiants, aux professionnels, et plus largement à tous ceux que la question intéresse.

L’écriture de l’ouvrage a bénéficié d’une aide de la DRAC Languedoc-Roussillon et du Conseil régional Languedoc-Roussillon.

Ce travail a donné lieu à divers articles de revue, présentés dans la rubrique Publications.

Pour commander l'ouvrage :
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Le contenu de l'ouvrage a fait l'objet d'une conférence à Causse et Veyran en novembre 2013 à l'initiative de l'Office de tourisme intercommunal des Pechs. Présentation ici
Les enjeux de mémoire du massacre d'Aigues-Mortes (1893, Gard)
Une enquête réalisée en 2009, sur les dynamiques mémorielles en lien avec le massacre d'Aigues-Mortes, avec le soutien de la DRAC et du Conseil régional Languedoc-Roussillon
L’ISCRA-Méditerranée a conduit un travail d’enquête soutenu par la DRAC Languedoc-Roussillon et le Conseil général du Gard, relatif à la mémoire du massacre d’Aigues-Mortes. Cette enquête s'inscrit dans le cadre d’un travail de recherche coordonné depuis 2008 par l'historien Gérard Noiriel.

Le constat initial était que l’affaire d’Aigues-Mortes était un non-lieu de mémoire de l’histoire républicaine, un refoulé aussi bien de l’histoire locale que de la mémoire collective. Plutôt que d’interroger les représentations socialement partagées du massacre à Aigues-Mortes, le questionnement a été porté sur les dynamiques mémorielles à l’œuvre et sur les liens entre l’histoire d’une part et la mémoire locale du massacre des Italiens d'autre part, considérée à la fois comme processus à l’œuvre mais aussi comme un objet en soi.

Le protocole d’enquête et ses redéfinitions successives ont combiné des entretiens avec des tenants d’un discours public sur le pogrom et des descendants des témoins ou protagonistes des événements d’Aigues-Mortes ainsi que des recherches documentaires.

Les résultats de l’enquête ont révélé que le massacre n’est pas occulté mais que les liens entre histoire et mémoire sont distendus. L’enquête a ainsi mis au jour un certain nombre d’usages sociaux de la mémoire qui ont pour point commun de présenter le massacre comme un fait divers ayant toujours fait partie de la mémoire collective. Peu soucieux des sources historiques, le récit mémoriel est un maelström marqué par l’euphémisation des faits ou au contraire leur dramatisation avec l’objectif principal de valoriser le passé d’Aigues-Mortes et d’exalter des « racines » locales.
Histoire des immigrations en région (ACSE-IRIS)
Une étude, réalisée en 2006-07, pour la direction des études de l'ACSE
Ce programme national de recherche visait à compléter l’historiographie existante, à partir d’une approche territoriale permettant de retracer les caractéristiques de l’implantation successive des différentes vagues migratoires, dans chacune des régions de France.

Il faisait suite à l’annonce faite par le Premier ministre, le 8 juillet 2004, de créer une Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, suite à la mission de préfiguration confiée à M. Jacques Toubon. Ce musée, dont l’ouverture au grand public, au palais de la Porte Dorée, était prévue pour l’année 2007, s’inscrivait dans une volonté politique de valoriser l’histoire et la mémoire des immigrations qui ont construit la Nation. Car l’histoire de ces générations d’immigrations successives, de travail ou de main-d’oeuvre, d’individus ou de familles, installées désormais durablement sur notre sol, appartient à l’histoire de France.

Il prévoyait la réalisation d'une synthèse à destination d'un public de non-spécialistes, d'une bibliographie, d'un appareil statistique, et d'un inventaire des sources. La Bibliographie compte près de 400 références en langue française. L'inventaire recense les sources conservées dans les centres d'archives départementaux pour l'Aude, le Gard, l'Hérault, la Lozère et les Pyrénées-orientales.

La bibliographie et l'inventaire régional des sources pour l'histoire de l'immigration sont téléchargeables dans le rubrique docuthèque.
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