Les univers-cités des savoirs impliqués en 2017
Avec le soutien de
Pour un universalisme critique dans les analyses des affaires de la Cité, avec Mondher Kilani, anthropologue
Mardi 14 novembre à partir de 18H à l'auditorium du site Saint Charles de l'université Paul Valéry
L’apparition de l’Islam comme une question sur les scènes nationales européennes, depuis les années 1980, a crée un profond malaise. Elle a traduit, en France, les effets de l’impensé de l’installation définitive des populations coloniales et post-coloniales, et une forme de déni persistant de la question immigrée, comme si le problème du « statut de l’autre » ressurgissait avec une grande acuité 50 ans plus tard.

Les controverses, parfois violentes autour de l’Islam, les injonctions et discriminations à l’égard de ceux qui se retrouvent désignés comme « musulmans », les tentatives régaliennes d’organiser des autorités religieuses représentatives, reflètent plus largement l‘hésitation et l’évolution des modèles de laïcité européens et réactualise le problème posé par la difficulté à concilier les libertés de conscience et de culte avec la représentation normative que s’en font l’Etat et la société dans sa dimension majoritaire.

La « visibilité » nouvelle de l’Islam vient rappeler que toute sécularisée qu’elle se pense la société européenne n’a pas évacué la question de la religion. En France, l’idée d’universalisme revient en réaction comme défense face à ce qui est perçu comme une remise en cause du modèle français de citoyenneté.

En s’appuyant, sur les cas français et suisse en particulier, l’anthropologue Mondher Kilani plaidera pour un universalisme critique, c’est-à-dire « déconfessionnalisé », approprié et renouvelé, dont il décrira les contours et les implications concrètes pour les citoyens.

Rencontre-débat avec Mondher Kilani, anthropologue

Mondher Kilani est professeur honoraire à l’Université de Lausanne, Suisse.
La rencontre sera animée par Christine Salvat, membre associée à l’ISCRA-Méditerranée.

MSH Sud, Site Saint-Charles 2 (arrêt de tram ligne 1 "place Albert Ier")

Ressources documentaires
Pour préparer la rencontre, nous avons visionné deux vidéos d'intervention :
La première permet de se décentrer d’une lecture ethnocentrique occidentale sur la catégorie du « religieux » (31 minutes) et éclaire utilement la notion d’universalisme :
https://www.youtube.com/watch?v=gwQqMEMdFF8
- Mondher Kilani. Le religieux, catégorie de l'ethnographie occidentale. IHEID, 7 juin 2013

La seconde est une contribution à la réflexion sur le radicalisme (20 minutes) :
- le radicalisme est -il une fatalité ? (déc 2015), à partir de 22 minutes
https://vimeo.com/149547654
Décolonisons l'histoire
Film et débat le mercredi 28 juin à partir de 18H à la Gerbe (19, rue Chaptal à Montpellier) avec Karim Chaouchi et Marjorie Dimanche, association Emergence 33
En février 2010, une vingtaine de jeunes, alors âgés de 14 à 24 ans, ont créé, à Lormont, le collectif Vivre Ensemble l’Egalité, pour porter dans l’espace public le problème des discriminations à caractère raciste.
Soutenus par le centre social Didee (Développement Initiatives Démocratie Echanges Engagement), sous la houlette de sa directrice, Valérie Calmels, ils ont tour à tour : réalisé un film documentaire d’interpellation (Vivre Ensemble l’Egalité), organisé sur leur territoire un forum à destination des potentiels discriminateurs et discriminés qui a réuni plus de 200 participants, puis devant ce succès et la pertinence de leur démarche, ils ont été invités dans de nombreuses villes à le présenter (Echirolles, Le Blanc-Mesnil, Montpellier, Mulhouse, Paris Rennes, etc.) ainsi qu’au congrès national des centres sociaux à Lyon en juin 2013. La même année, ils ont enfin contribué au projet, rapidement avorté, du Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, de refonder la politique d’intégration. En remettant en cause une conception encore « assimilationniste » de l’intégration à la française, ils ont touché aux limites d’une possible égalité et au « plafond de verre » de la démocratie.
En 2014, ils ont réalisé un second documentaire «Décolonisons l’histoire » pour répondre à leurs questionnements sur le fait qu’ils n’avaient pas été (en tant que jeunes descendants de l’immigration post-coloniale) prévus au « programme » politique de l’époque de la même façon qu’une grande part de leur histoire est cruellement absente des manuels scolaires.
C’est à toutes ces questions sociétales, cruciales, que l’équipe de l’ISCRA-Méditerranée vous invite à débattre avec Karim Chaouchi et Marjorie Dimanche, qui démontrent, si besoin était, que le pouvoir d’agir est indissociable du pouvoir de comprendre.
La rencontre sera animée par Olivier Noël, sociologue à l’ISCRA-Méditerranée.

Teaser : https://vimeo.com/96955111
Les théories du complot : comprendre et agir, par Marie Peltier, historienne
le 23 février, à la Gerbe à Montpellier
La résurgence du « complotisme » est une des conséquences du 11 septembre 2001. L’attentat de New York a, en effet, entraîné l’apparition d’un nouveau récit politique et médiatique, le « choc des civilisations », nouvel imaginaire qui suppose la mise en scène de la lutte de la civilisation contre la barbarie (« L’axe du mal » selon George Bush). Cette posture a notamment servi à justifier l’intervention en Irak. Les mensonges relayés par les médias et justifiant cette guerre ouvrent l'ère du désaveu et représentent une fracture majeure, doublée du sentiment que les manifestations pacifiques n’ont servi à rien. Ce doute fondateur dans l’imaginaire collectif fait le lit de la complosphère. Ce discours, fondé sur une intention légitime (le désir de vérité et de justice) et qui se veut moderne recycle en particulier la tradition antisémite datant du XIXè siècle et traduit ses obsessions dans des termes contemporains. Il prospère sur les incohérences du monde et de la vie politique (« le deux poids, deux mesures », la perte de repères etc…) et les concurrences mémorielles basées sur la mise en avant d’identités de plus en plus clivées. L’analyse de Marie Peltier, enseignante et chercheuse à l’institut supérieur de pédagogie de Bruxelles, auteure de « L’ère du complotisme : la maladie d’une société fracturée », vise à ouvrir le débat sur les moyens de lutter de manière efficace contre le discours complotiste, pour sortir du clivage et des confusions.
Marie Peltier, est historienne et chercheure à l’institut supérieur de pédagogie de Bruxelles. Elle est l’auteure de « l’Ere du complotisme, la maladie d’une société fracturée » (Les Petits matins).

4ème de couverture, sur le site de l'éditeur :
http://www.lespetitsmatins.fr/collections/lere-du-complotisme/
Emission radio / Enregistrement audio
vous pouvez écouter l'essentiel de cette rencontre publique en suivant le lien ci-après :
http://www.rphfm.org/allez-savoir-theories-complot-comprendre-agir-conference-de-marie-peltier/
Galerie photos
Marie Peltier et Pierre-Alain Guyot
Le public
Cette rencontre a été reproduite à Toulouse en septembre 2017 à l'espace Diversité-Laïcité.
Télécharger le document : FLYER - Conférence débat Théories du complot 11 septembre Espace diversités laïcité.pdf (1359 ko)
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